• Chapitre 6 - Des parents affectueux

    Des parents affectueux

     

    Tous les soirs durant ses 10 jours ils venaient me voir. Pas pour me donner à manger ou me demander si j'allais bien, non, pour m'humilier encore plus. Des fois ils ramenaient de la bouffe moisie et me la balançait dessus, se félicitant à chaque fois que l'un d'eux touchait mon visage. D'autres fois ils ne venaient que pour me battre, s'amusant à utiliser divers objets plus douloureux les uns que les autres.

    La journée c'était pas beaucoup mieux : rien. Ouais, absolument rien, pas même la possibilité de regarder autour de moi même si quelques fois j'avais droit à une ou deux minutes sans les lunettes. J'en avais profiter pour détailler la pièce. Elle était petite, blanche.. Comme celle du centre, mais celle-ci pour l'ouvrir il fallait passer sa main, du moins ça ne marchait que pour Jean ou Elise, sur un petit scanner, et dans chaque coin il y avait une caméra et un micro.

    Aujourd'hui, c'était le dernier jour, le 10ème. Je l'avais attendu avec une impatience mêlée d'appréhension, qu'avaient-il prévu pour ce soir ?

     

    La sonnerie se mit soudain à retentir comme toujours à la même heure. Dix-neuf heure. Le début de mon calvaire. Je levai les yeux vers la porte qui s'ouvrait, et me figea en les voyant entrer.

    Mes yeux écarquillé se posèrent sur le corps nu d'une jeune fille rouée de coups, gémissant comme elle le pouvait des mots étouffés par son bâillon  Le couple vint se placer à côté d'elle. C'est eux qui l'avaient traîner là, je pouvais le deviner à leur air satisfait et au sang tachant leurs fringues.

    • Lâchez la ! criai-je en m'agitant.

    Ils explosèrent de rire tandis que Jean posa un pied triomphant sur le ventre mutilée de sa victime. Il appuya soudain dessus, la faisant cracher du sang dans un cri atroce.

    • Tu n'es pas content ? On a pourtant pensé qu'une amie t'aurais fait plaisir... Profite bien, il lui reste plus beaucoup de temps ! acheva Elise en riant

    A ses mots Jean la fit rouler dans la pièce et referma la porte.

    J'agitai mes bras comme un fou dans l'espoir de réussir à me détacher pour aller l'aider. Même si je ne pouvais rien faire je pourrais.. Je pourrais au moins abréger ses souffrances et.. Non. Je fermai les yeux et m’immobilisai. C'était ce qu'ils voulaient, jamais je leur ferais ce plaisir. La fille se mit à pleurer, à gémir et à pousser de vain "Aidez moi..." qui se transformèrent en "Aide moi" lorsqu'elle se tourna vers moi, ses yeux implorant plongés dans les miens.

    • S'il te plait... me supplia t-elle. Rien que ses yeux me le demandait, je regrettai un instant d'avoir rouvert les miens. Serrant les dents je cracha en guise de réponse.

    • Ferme là... je repris, fermant les yeux. Ferme là !

    Je voulais qu'elle meure, que ça s’arrête rapidement, mais elle utilisa ses dernières forces pour ramper vers moi et saisir le bas de mon jean. Remarquant que je ne pouvais pas bouger, elle défit la première sangle avant de s'écrouler d'épuisement. Je me figeai, les poings serrés.

    • Je suis tellement désolé...

     

    Je sentis enfin son souffle s’arrêter  Doucement, comme un soupir. Ça ne lui avait prit qu'une heure avant qu'elle ne se décider à se laisser aller, une heure de douleur pour elle comme pour moi. Je n'avais rien pu faire et maintenant elle était morte.

    Il fallut deux heures de plus avant qu’Élise n'entre dans la pièce. Elle prit les pieds de la jeune fille et la traîna à l'extérieur sans m'accorder un regard. Au bout d'une demi-heure elle n'était toujours pas revenue, je pris mon courage à deux mains pour lancer d'une voix hésitante

    • Y .. a quelqu'un ?

    La seule réponse qu'on me donna furent de la part de mes lunettes, elles redevinrent noir. Puis, peu de temps après, je pu reconnaître le son des pas lourd de Jean. Je me crispa en sentant sa main se poser sur ma tête.

    • Pas mal, gamin. il sourit. J'espère que la prochaine fois se passera mieux, on attend beaucoup plus de toi.

    • .. Hein ?

    Il se contenta de libérer mes membres sans me répondre puis me souleva et me balança sur son épaule comme un vulgaire sac pour me conduire jusque dans la cuisine. Jean m'assis sur une chaise, en bois cette fois, et attacha à nouveau mes poignets. Je soupirai.

    • Pas besoin de faire ça, j'vais pas me sauver, 'fin je p..

    La cuillerée de purée qu'il m'enfonça dans la bouche me fit taire aussitôt. Aucun problème cette fois, je l'avalai sans réfléchir sans me soucier de l'arrière goût bizarre qu'elle avait, je pense que j'avais tellement faim que j'aurais pu bouffer n'importe quoi en faite.

    Le repas se termina vite, aussi je n'eu le droit qu'à cette espèce de purée bizarre.

    • J'peu en avoir un peu plus ?

    • Non. me répondit-il froidement.

    • bon, essayons avec autre chose. Et voir, je peu ?

    • il leva les yeux au ciel. Non.

    • Mais...

    • J'ai dis non ! hurla t-il en se levant d'un coup.

    • Ok, ok !

    Il marmonna quelques paroles incompréhensible en me détachant puis me reprit sur son épaule.

    • Vous savez, ça serais plus simple de me les enlever et de me laisser marcher.

    • T'as vraiment envie d'y retourner dans cette salle blanche ?!

    • Ok je me tais.

    Jean poussa un léger soupir satisfait avant de me poser devant une porte et de me pousser à l'intérieur.

    • Ta nouvelle chambre, dors bien.

    Il sorti en refermant la porte à clé derrière lui, me laissant seul, aveugle, perdu au milieu d'une pièce glacée.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment



    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :